Qu'évaluer ? Pourquoi et comment ?

Pourquoi évaluer ?

Il est important que le maître puisse avoir une idée claire de la progression et des acquis de la classe afin d'adapter son enseignement en conséquence. En effet, dans l'apprentissage des langues vivantes, la maîtrise de certaines notions est indispensable pour en apprendre d'autres. Pour entrer dans un apprentissage réel, les enfants doivent parvenir à capitaliser leurs connaissances du lexique et des structures de la langue. Ils doivent pouvoir les réinvestir.

Les enfants n'avancent pas tous au même rythme. Il faut donc que le maître sache où en est chacun.

Enfin, il est important que les apprenants, enfants ou adultes puissent eux aussi se situer par rapport à leur propre apprentissage : c'est en étant acteurs qu'ils peuvent faire le point de ce qu'ils savent ou pas et élaborer des stratégies d'apprentissage plus efficaces. L'enseignant leur propose donc des modalités d'évaluation qui les aident à se repérer.

Qu'évaluer ?

On peut évaluer un niveau, la maîtrise d'une acquisition, la correction d'un exercice ponctuel, la récitation d'un texte...Simplement, les modalités de l'évaluation différeront.

Comment évaluer ?

Les modalités d'évaluation sont multiples en fonction de ce qui est évalué et des objectifs.

Evaluer un exercice :

La notation sur dix, sur vingt, ne présente peut-être pas un grand intérêt en école élémentaire.
On peut proposer :
pour une série d'items, une note représentant le nombre d'items réussis sur le nombre total.
Une évaluation de 1 à 5, de 1 à 4, de 1 à 3, en fonction du degré de précision recherchée, de la nécessité ou pas d'une notion de moyenne...
Pour que les enfants comprennent mieux le sens de telle ou telle évaluation, il semble préférable de substituer à la notion de « moyenne » celle de « notion acquise, en cours d'acquisition, non acquise » ou de « travail réussi, travail partiellement réussi, travail non réussi ». Une échelle de un à trois devrait donc suffire dans presque tous les cas et, en tout état de cause, dans les petites classes. Au moins avec les plus petits, on a intérêt à mettre en oeuvre un code de couleur : vert, orange et rouge, facile à comprendre et à utiliser, facilement lisible sous forme de pastille sur le cahier. En outre, on peut très vite énoncer en arabe la couleur du « rond » attribué.

Evaluer si un texte, une chanson, un dialogue... sont sus :

Le code des couleurs est parfaitement applicable.
Les enfants récitent individuellement, par deux pour un dialogue ; ils peuvent choisir le moment où ils sont prêts. Cela leur permet de mesurer, avec l'aide de l'enseignant, leur capacité à s'auto évaluer : sont-ils vraiment prêts ? Ont-ils tendance à se surestimer ? se sous-estimer ? Si le résultat n'est pas satisfaisant, l'enfant est invité à se préparer pour la séance suivante.
Selon la nécessité d'évaluer le travail pour tous en fonction de sa progression, de son projet... le maître peut décider et annoncer à quel moment tous les élèves doivent être prêts et aider ceux qui sont en difficulté à mettre en place des stratégies de réussite (mieux écouter, définir des moments ou se faire aider par un camarade...)

Les séances bilan :

Le groupe doit pouvoir se situer en tant que tel et chaque enfant doit pouvoir se situer dans le groupe.
Au cours de la séance bilan, par exemple deux fois dans le trimestre, à l'issue de chaque période scolaire, on fait le point sur ce qu'on a appris : chansons, dialogues, poésies, que l'on récite ou que l'on chante à cette occasion, fonctions langagières (on a appris à dire son âge, à demander à quelqu'un ce qu'il aime...), vocabulaire (les couleurs, les pièces de la maison...), lettres et mots écrits... On note tout cela dans un tableau photocopié (par exemple les titres des dialogues dans la ligne « dialogues »...) et collé à la dernière page du cahier.
Cela permet aux enfants de se remémorer ce que l'on a appris en classe, de se référer au tableau lorsqu'ils le souhaitent, de se situer individuellement par rapport à la classe (et moi, cela, est-ce que je le sais ?)

Les activités de réinvestissement :
Toutes les activités qui demandent de réinvestir et de mobiliser des connaissances et des compétences acquises antérieurement sont aussi des moments d'évaluation qui permettent à l'élève de mesurer ses acquis et à l'enseignant de repérer ce qui doit être repris.
Construire un dialogue à partir de situations et d'éléments connus permet à l'élève comme à l'enseignant de repérer ce qui est totalement maîtrisé, partiellement ou pas du tout acquis : tel enfant qui connaît parfaitement telle réplique d'un dialogue programmé ne parvient pas à réutiliser correctement, par exemple les pronoms suffixes, les verbes mis en œuvre dans le dialogue.
Tel élève qui a parfaitement compris le travail fait sur la lecture et l'écriture d'un mot, d'une phrase, au cours d'une séance précédente, ne sait pas transférer la démarche sur un support nouveau...
Tel autre qui a repéré sur un texte écrit les marqueurs grammaticaux de la personne verbale, du genre, du nombre... ne parvient pas, devant un texte inconnu, à utiliser les connaissances acquises ...

Le portfolio des langues :

Enfin le Portfolio européen des langues mis en place sous la tutelle du Conseil de l'Europe (éditions Didier, 2001) est un outil d'auto-évaluation extrêmement intéressant : il prend en compte la diversité des compétences et des expériences langagières, permettant ainsi à son utilisateur de prendre conscience de la diversité linguistique du monde et de son environnement, de ses propres expériences et compétences et, par une démarche réflexive, de mieux organiser ses apprentissages.

L'évaluation sur Primlangues :

Retrouvez les ressources et sites sélectionnés dans la rubrique : EVALUATION
 

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